Il y a 5 mois c'était la Gaypride sur Paris,
Il y a 5 mois j'ai aussi rencontré le garçon avec qui je vais me pacser.
Je me souviens de ce jour comme si c'était hier.
Le Samedi 26 Juin 2009 je me lève avec une terrible gueule de bois, la veille j'avais travaillé au Kent'z le bar de drogué où je servais de Barman.
Fatigué de la veille je comate sur mon canapé lit, mon chat sur moi.
Je repense à ce que mon patron de bar m'avait dit la veille, il avait lancé l'idée que je pourrais être un bon escort boy.
Au vu de mes finances et n'ayant plus le choix, je m'inscris donc sur un site de rencontre entre de jeunes mecs et de vieux à la recherche de bon temps.
Je ne suis pas fier de moi, je ne suis pas sur d'aller jusqu'au bout, mais je m'inscris, histoire de voir où cela peut me mener.
Je me prépare pour la gaypride, je décide de m'habiller comme j'aime.
Boxer rose, bottes, tshirt rose.
Je prends donc le métro de Porte de Clignancourt direction chez Gauthier habillé de rose.
Je commence à avoir honte mais je suis tellement défoncé de la veille que je m'en fou.
Mon Ipod vissé dans les oreilles je ne fais pas cas des insultes.
Arrivé chez Gauthier je me sers un Cosmo et remplie une bouteille de mon breuvage rose.
Emma, bradshaw, "le lecteur" sont avec nous, on reprend le métro direction le centre.
Je suis de plus en plus saoul et je bois de plus en plus histoire d'assumer ma tenue.
On s'incruste derrière un char, on danse, on flirte, on s'amuse.
Je me sens bien, je me sens sexy et beau.
Je me sens superficiel parmi la superficialité.
après une bonne heure à danser et à boire on décide de voir les chars passer en nous installant dans un petit parc .
Le vodka club est réuni.
Je continue à boire, je ne tiens presque plus debout.
Ma tête tourne et je dois partir préparer le bar pour le soir.
Je prends donc le métro dans un état lamentable.
Je ne sais plus ou je suis, j'ai juste envie de vomir, ma tête tourne, je me précipite hors du métro, je m'arrete à la mauvaise station.
Je me retrouve devant le Louvre, saoul, seul, perdu.
L'ambiance de la Gaypride est bien loin et je sens les regards sur moi.
Les touristes me photographient, les mamans qui passent avec leurs enfants, cachent leurs yeux à ma vue.
J'ai honte...
J'aurais du mettre un pantalon, je me cache dans une ruelle, j'appelle un taxi, alors que le bar n'est pas très loin.
En attendant celui ci, j'appelle ma mère, histoire d'être occupé et ne plus penser aux gens qui me regardent.
le taxi arrive, le chauffeur me regarde bizarrement.
Il me dépose devant le bar, j'ouvre, je referme derrière moi.
Epuisé, bourré, drogué de la veille, je m'endors sur un des canapés.
Je me réveille et je pleure, je pleure Paris, je pleure Perpignan, je pleure ma vie.
Je suis épuisé de la fête, je suis épuisé de l'alcool, je suis épuisé de me droguer, je suis épuisé de tout.
Je nettoie le bar , installe les tables, ouvre les grilles.
Je prends sur moi.
Mon patron arrive vers 23 heures, le bar est plein, je reçois beaucoup de pourboires, les vieux me touchent et je dois sourire.
Il ne me tarde qu'une chose c'est que mes amis me rejoignent, quand ils sont là c'est diffèrent.
Je joue mais je joue avec eux.
Je prends de la coke pour pouvoir tenir debout.
2 heures du matin, le bar ferme pendant 4 heures, je travaille en after le weekend donc je ne suis pas couché.
Histoire de faire passer le temps je vais avec mes amis au Banana Café.
En chemin les flics nous arrêtent, ils me regardent,
"c'est de l'atteinte à la pudeur ce que vous faites !"
Gauthier regarde le flic qui m'a adressé a parole
" On ne peut plus se balader en petite culotte rose le jour de la gaypride! c'est quoi ce bordel?" les flics rigolent et décident de nous
escorter jusqu'en boite histoire qu'on ne se fasse pas poignarder dans les Halles.
En boite, je ne suis pas d'humeur à faire la fête, je suis assis avec mes amis qui commandent une bouteille de vodka.
je sirote ma vodka sunrise en observant tout ce beau monde superficiel.
dans le lot, dans un coin, je remarque un garçon.
Il a l'air doux, il me plaît immédiatement.
C'est comme si le temps s'arrête, les gens sont sombres et je ne vois qu'une poursuite qui l'éclaire.
Il est avec une fille, je m'empresse d'aller les rejoindre.
Je me présente, eux aussi, on discute.
Sacha va fumer, je parle à son amie en lui disant que son ami me plait beaucoup.
Je m'éclipse histoire que cette fille lui révèle mon attirance pour lui.
elle se lève en me faisant un clin d'oeil, je m'assoie à coté de lui, l'embrasse.
C'est au premier baiser qu'on juge.
Jamais personne ne m'a embrassé comme ca.
La boite ferme et je propose à Sacha et son amie de me suivre en After au Kent'z.
Il est fatigué mais me suis quand même, son amie prends un taxi, lui s'endort sur un canapé pendant que je sers des verres à des clients plus saouls les uns que les autres.
Je le regarde, il est beau, il n'a rien à avoir à ce monde dans lesquel je suis.
Je vois en lui comme une chance de refaire autre chose, comme une échappatoire.
8 heures du matin, je suis épuisé, j'ai mal au crane.
Sacha à moitié reveillé me suit dans un taxi.
Arrivé chez moi il s'endort sur le lit que je n'ai pas eu le temps de faire, je le regarde dormir.
je me blottis contre lui.
je me sens bien, si bien.
Ce garçon m'a sauvé.
Sans lui à l'heure actuelle, je serais encore à Paris, je serais barman, escort boy, alcoolique et drogué.
Je pense pas qu'il y ai de hasard, c'est mon ange gardien et il est arrivé au bon moment.
C'est pourquoi on se pacse aussi vite peut être, car des le premier jour j'ai eu la certitude d'avoir trouvé une partie de moi.
Merci Sacha pour ces 5 mois de bonheur.