Gauthier? Non! Un inconnu et je ne suis pas dans le lit de Gauthier…
Je soulève la couette, ouf! Il est mignon! Je l’appelle Crevette.
Je sors difficilement du lit et sans faire de bruit je pose mon pied au sol, j’ai les pieds en feu...
Je récupère ma veste et mon sac et je sors sans faire claquer la porte, je suis dans le Marais…
Mais qu’ai-je fait hier ? Ah si! Je me souviens, je vous raconte…
En fin de journée je rejoins Pochep avant de faire mon essai dans un Bar, il m’emmène dans un joli petit restaurant Parisien, il me semble que ça s’appelle la Brasserie Beaubourg et c’est si … Paris!
Tout est confiné, de vieilles affiches recouvrent les murs, il y a un cachet, une vie, on peut encore ressentir les ondes passées.
J’aime cet endroit, je commande un Pot au feu, ça me fait penser à ma mère.
C’est bon et à un prix très abordable, je reviendrai !
Après une visite du Marais, j’ai envie de boire un verre avec Pochep, je veux connaître tous les bars, on rentre dans « l’oiseau bleu », un bar minuscule qui fait des milliers de cocktails avec des noms très sexes (le TTBM, Le trou, le serveur, le bon cul) c’est bon mais pas assez alcoolisé à mon gout, la clientèle est bien entendue Gay mais des Gays intellos à tendance BOBO, c’est plus un bar pour discuter avec des amis que pour danser.
Je stresse à mort, c’est l’heure de mon essai dans un bar gay, je rentre dans le bureau de la patronne.
« Bonsoir! Je viens comme convenu pour le poste de Barman»
« Hum! Hum! Prends ça et passe derrière le bar avec les autres »
Je tiens dans mes mains un boxer doré…
« C’est quoi? »
« C’est ta tenue, enfile la vite! »
Je me retrouve donc dans un bar blindé de monde, en boxer doré, torse nu à faire de grands sourires, les autres barmans sont super bien gaulés… limite des gogos… J’ai honte!
J’ai pas le physique d’un Gogo, j’ai les épaules, les pecs mais c’est tout! Et en plus je suis petit…
Pourtant j’ai l’air de plaire aux clients, j’ai dû expliquer plusieurs fois que je ne fais pas parti de la carte et que SEULEMENT les verres sont à vendre …
Mais les Pds Parisiens s’en foutent, ils me touchent le cul quand je passe, me redemandent si je fais parti de la carte, me retouche le cul, me rereretouche le cul.
Je suis fatigué, rempli d’émotions pour cause de changement de vie.
Je suis au milieu du bar, immobile, un plateau dans les mains, les nerfs qui lâchent, un mec me touche le cul…
Je déborde
« Mais putain de MERDE de salope à queues! Il a pas compris que j’étais pas une pute! Merci connard! »
Sa main était toujours sur mes fesses et il a gardé sa bouche grande ouverte avant de s’excuser et essayer de m’expliquer que c’était juste pour rigoler.
La patronne me dit qu’ils sont bourrés et qu’il faut être conciliant.
Mais va être conciliant avec juste un boxer pour bosser à coté de complexes sur pattes.
Je veux un boulot mais pas dans des conditions de putes.
Je suis parti vivre à Paris pour du changement, je veux plus de réputations, je veux plus faire la tapette en boite.
Je veux bien être Barman, j’adore ça! Je me suis régalé en début de soirée, mais je ne me vois pas en boxer doré tout le long de l’année avec des mecs qui me demande la taille de ma queue au lieu de commander des verres.
Je veux être barman mais avec des vêtements.
Etre en boxer est loin de me déranger mais pas tout le temps.
Je décide d’arrêter l’essai avant de tuer à coup de plateau un client.
Je suis fatigué, tellement d’émotions, je rentre pour me coucher, il n’y a plus de métro, j’ai froid, je ne trouve pas de taxis…
Je finis donc chez un ancien pote de Perpignan qui habite pas loin.
Je plante le décor, chez lui, un mec en pleur car il vient de se faire violer…, une femme blonde à forte poitrine (qui s’avère être un transsexuel), Crevette et tout ça dans un appartement de neuf mètres carré (j’adore Paris…)
Ils sont saouls…
La transsexuelle parle fort, c’est le seul point qui me dérange, ça à beau être une femme après opération, il y a toujours un coté « humour gay » plein de sarcasmes, c‘est ce qui la trahit.
Je reste discret et en plus je suis sobre et ça me plait, j’ai dans l’idée d’aller dans un bar pour, on ne sait jamais, discuter avec le patron et lui donner mon C.V.
C’est au Banana café, le patron est en effet là et il recrute des barmans, super, je discute un peu avec lui et il me promet de me rappeler au plus vite.
La joyeuse troupe m’a suivi, on boit, un mec me bouscule, il me regarde, sourit et s’excuse.
Il s’avère que ce mec est connu, il est gros, black et c’est un animateur télé complètement folle qui a fait ses début dans le Morning Live… (mais si vous savez qui c’est, je vais taire son nom)
Mes amis veulent ABSOLUMENT parler à cette grande folle en fourrure adepte des chiens miniatures.
Moi non, je parle avec Crevette.
Le serveur m’apporte une coupe, avec un numéro de téléphone et devinez qui m’offre tout ça … je rêve… Les gens connus pensent vraiment pouvoir se taper qui ils veulent.
Mais très peu pour moi, je file au CUD pour rappeler au patron que j’existe au cas où il virerait un Barman le soir même.
Crevette me suit, ce garçon ne m’a pas lâché des yeux de la soirée.
Il est mignon, fin, et adorable.
Nous buvons un verre et il tente de m’embrasser, je le repousse.
Je lui explique qu’il ne me connait pas et que je suis un mauvais garçon.
« Ca me plait »
OK… je l’aurais prévenu, je l’embrasse, nous passons la soirée ensemble et même au bras d’un garçon les mecs n’hésitent pas à me draguer et à me demander mon numéro de portable.
C’est marrant, enfin pour moi, car Crevette leur jète des regards plein de menaces et il se resserre de plus en plus contre moi.
J’adore les compliments qu’on me lance, « tu es le plus joli garçon de la boite! » revient assez souvent, Crevette même prévenu devient jaloux, m’embrasse, prend son manteau et le mien et me demande de le suivre chez lui…
Je suis à Paris, sans métro, sans appart, sans argent, je suis en manque de sexe, Crevette est très mignon et il fait froid … allez je le suis !
J’envoie un texto à Gauthier histoire de lui montrer que je ne suis pas mort et de le prévenir de mon non-retour dans son appartement avant le lendemain.
Je l’embrasse, il commence à me toucher, on est dans le lit, dans le noir quand, « C’est moi! » sa copine transsexuelle débarque chez lui… enfin chez eux!
« Tu aurais pu me dire que tu vivais en colocation … »
« c’est temporaire! »
Même temporaire ça me saoule, la fille s’habille en pute et part en after.
« Bonne bourre » (avec une voix très grave …)
J’ai enfin Le jeune homme pour moi tout seul.
On s’est endormi vers 6 heures du matin.
Je me suis levé à 11 heures, je suis arrivé chez Gauthier à 12H30...
Je suis officiellement mort.
Note Perso: DORMIR! DORMIR!
Comptage:6
