Pas mon blog mais mon livre.
Je pense avoir eu un début d'existence chargé et j'ai besoin de le coucher sur papier.
Alors aujourd'hui j'ai commencé à ouvrir WORD et je n'arrive plus à m'arrêter.
C'est ma nouvelle drogue, l'écriture.
Je ne sais pas si j'ai un talent quelconque pour ça, je sais juste que d'écrire m'apaise, alors je vous laisse lire la première page de mon (peut être) futur livre.
Une de mes dernière nuit en tant que Barman sur Paris.
Je me trouve jeune pour une autobiographie donc pourquoi pas un roman autobiographique?
Je n'en sais rien encore, je laisse mes doigts guider mon clavier.
Je vous laisse seul juge:
"...C'est en tirant fort sur ma dernière latte que je regarde l'heure sur mon portable, onze heure du matin, déjà, je n'ai aucune notion du temps avec ces vieux volets fermés.
Je ne suis pas d'humeur à admirer Paris.
Tout est sombre, juste une faible lueur venant de ma salle de bain.
En écrasant ma cigarette je tente d'ignorer cette douleur au ventre, ce stress pesant de ne pas avoir dormi et d'avoir survécu à cette nouvelle nuit de travail.
Je n'aime pas ce moment, ce moment où je lutte pour essayer de m'endormir.
Je respire mal et j'ai la tête lourde.
Je me lève pour pouvoir atteindre la poche de mon jean trop serré et en sors mon pochon, ce petit morceau de sac plastique avec le bout légèrement brûlé pour pouvoir renfermer ma précieuse poudre.
Je me demande s'il est raisonnable d'en prendre encore pour me calmer, j'ai déjà passé ma nuit à taper dans cette merde.
Je me laisse finalement tenter et je déchire délicatement avec les ongles mon bout de plastique, la cocaïne commence à fuir sur ma table basse en verre, je mouille mon index et ramasse quelque morceaux pour les porter à mes lèvres.
Elle est douce et acide à la fois, j'ouvre de plus en plus le pochon jusqu'à ce qu'un petit tas se forme.
Après avoir posé délicatement mon précieux sachet, je me relève et attrape cette fois ci, ma carte vitale et un morceau de paille.
Dans ma poche, je sens des grains de sable oubliés là depuis mes dernières vacances dans le sud.
J'essaye d'oublier vite ce doux souvenir et de revenir dans ma réalité.
Je regarde ma paille noire dont l'embout est incrusté de poudre blanche prise dans la nuit, je rassemble la cocaïne avec ma carte pour en faire des lignes parfaites, j'en ai trop renversé, tant pis, autant finir mon gramme et tout prendre d'un coup, c'est la dernière fois de toute manière, je l'ai juré à Maggie.
Après avoir étalé quatre lignes horizontales, je commence à porter l'embout de ma paille à ma narine, je me mets à genoux sur le sol et d'un geste vif je tapote affectueusement la tête de mon chat.
Je rapproche mon visage de la table et tente de zigzaguer avec ma paille pour finir toute la poudre en un coup.
Je respire sans réfléchir, la poudre est fine et assèche doucement ma gorge assoiffée.
Elle pique ma cloison nasale, je relève ma tête d'un coup et tente de ne pas éternuer.
Après avoir inspiré bien fort, je finis ce que j'ai laissé tombé et lèche les particules qui ont refusé de traverser le bout de paille.
Je me sens mieux, déconnecté de ma dure réalité.
Maintenant je ne suis obsédé qu'à une chose, boire pour étancher ma sensation de sécheresse.
J'attrape une bouteille de vodka quasiment vide et je la finis au goulot.
Je décide alors de m'allonger sur mon canapé lit sans prendre la peine de le défaire.
J'ôte mon jean et en vide les poches sur ma table basse pleine de traces, j'y dépose l'argent que j'ai gagné dans la nuit et jette mon jean taché sur le parquet.
Sur mon canapé mes jambes dépassent de l'accoudoir, pourtant je ne suis pas grand, mais je n'ai pas le courage de l'ouvrir et de dormir sur le matelas.
Mon chat saute sur mes jambes et ronronne, je n'ai pas le cœur à de la tendresse, je le pousse légèrement avec le coté de ma main et il descend aussi vite qu'il est monté.
Je le regarde s'allonger par terre près d'une photo retournée.
Mon bras est assez long pour que je puisse l'attraper sans bouger le reste de ma carcasse.
C'est une photo de ma mère et moi, elle est jeune, souriante, fière de présenter à l'objectif son petit bout d'homme blond, elle a dans les cheveux un serre tête et porte un pull bleue nuit trop grand pour elle, je me souviens de ce jour, le jour ou à été pris cette photo, durant les vendanges, j'avais 5 ans...."

